En effet dans ce projet, les pharmaciens sont tenus à ne délivrer les produits anesthésiques que sur prescriptions médicales et avec des quantités limitées par un médecin. Les pharmaciens et les médecins qui ne respectent pas cette circulaire seront sanctionnés par des peines plus sévères.
Cette initiative a été prise sur la base des rapports établis par les membres d’un comité d’inspection et de contrôle composé de représentants des médecins, du ministère de la santé et de l’intérieur.
Selon le rapport de cette commission, beaucoup de faux professionnels en particulier “les charlatans dentistes”, disposent dans leurs locaux de grandes quantités de produits anesthésiques dont la date de péremption est expirée. En outre, la commission a enregistré une série d’événements tragiques, subie par les citoyens, des cas de mort attribués souvent à une surdose, en raison de l’utilisation abusive de l’anesthésique par des non professionnels
Selon des médecins, avant l’intervention du ministère de l’intérieur et de la santé, la vente des produits anesthésiques se faisait directement des laboratoires médicaux à des sociétés de matériel dentaire qui les revendent directement à n’importe quel client sans restriction aucune.
Toutefois, cette nouvelle résolution du ministère de la santé, rendrait la vente des produits anesthésiques limités aux pharmacies, sur la base des prescriptions médicales , sous la demande et sur la base de quantité rationnée par médecin, des peines sévères attendent les médecins ou les pharmaciens en cas de violation des dispositions de la circulaire du ministère de la Santé, afin de couper la route devant les faux professionnels en particulier en médecine dentaire
De la même manière qu’une carie attaque la dent, s’infiltre dans ces sillons et finit par la détruire, le charlatanisme fait des ravages dans notre royaume. Ces « praticiens » exercent leur « métier » en toute quiétude sans crainte d’être punis. Jadis, leur présence a été tolérée du moment qu’elle répondait à une demande réelle, mais aujourd’hui cette tolérance n’a plus de place. Ces « praticiens » ne se soucient guère des conséquences de leurs actes ni de leurs répercussions sur la santé de la population. Cette anarchie dans la pratique de la profession est préjudiciable à tout le monde. L’heure est grave.
La première loi portant réglementation de l’exercice des professions médicales au Maroc a été promulguée en 1916. A l’époque les « tbibs » et les « kablas » n’avaient pas besoin de titres ou de diplômes pour la pratique de la médecine arabe aux sujets musulmans. Ainsi l’exercice illégal se trouvait légalisé ou toléré dans la mesure où il répondait à une demande qui existait.
Il a fallu attendre1960 pour qu’il soit mis un terme à la tolérance provisoire en considérant tout non diplômé installé après 1955 comme un praticien illégal (dahir N° 1-59-367 du 19 Février 1960). Malgré cela, le fléau persiste et ces praticiens continuent d’exister sous différents aspects : On peut citer l’homme de religion ou « fquih », l’arracheur de dents ou « charlatan » dont la présence dans les souks est très remarquée, le barbier ou « hajjam » chirurgien autoproclamé, le mécanicien dentiste considéré comme « moderne » et « qualifié » en comparaison avec les précédents, et enfin les prothésistes diplômés. Il va sans dire que ces pseudo-praticiens –toutes catégories confondues- exercent en violation de la loi de 1960.
Par A . Majdoline Janvier 2015 .
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